Visite d'état du Roi d'Espagne sur fond de tensions diplomatiques

Si Paris-Match nous offre ici une série de photos consacrées à cet événement royal et très monarchique comme on aimerait en voir plus souvent, bien loin des magazines de papier glacé, cette visite, la première depuis 30 ans d'un roi d'Espagne, s'effectue également sur fonds de tensions diplomatiques.

Le roi d'Espagne Philippe (Felipe) VI, qui s'est adressé il y'a quelques heures devant le parlement britannique réunis en session extraordinaire pour cette occasion, a abordé la question du Brexit (dont la monarchie espagnole a regretté à diverses reprises le départ de son alter-égo britannique en juin 2016) ainsi que l'avenir de l'île de Gibraltar au sein de la communauté €uropéenne.

A ce propos, signe des tensions palpables sur cette question, le roi d'Espagne a déclaré devant les députés de la chambre des Lords et des Communes :"Je suis sûr que cette détermination visant à surmonter nos divergences profitera à Gibraltar et je suis optimiste sur les chances de voir nos deux gouvernements capables de travailler ensemble à un accord acceptable pour les deux parties grâce au dialogue et aux efforts".

En effet, dès l'annonce des résultats du Brexit, le gouvernement du roi d'Espagne avait déclaré que "que la victoire du camp du Brexit modifierait le statut de territoire britannique d'outre-mer en vigueur depuis 1713 à Gibraltar." Lors de son discours, le roi a également rappelé que la signature d'un accord assurerait des "conditions de vie stables et certitude aux centaines de milliers d'Espagnols vivant au Royaume-Uni et aux Britanniques vivant en Espagne."

En mars 2017, devant l'Organisation des nations unies, Philippe VI avait officiellement réclamé que Gibraltar lui soit restitué, préférant toutefois ignorer les demandes équivalentes de la part de la monarchie marocaine qui, elle, demandait également le retour des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla dans son giron.

Le roi d'Espagne a ainsi manifesté dans son discours une volonté réelle et manifeste de la couronne d'Espagne à récupérer ce territoire qu'un référendum en 1967 avait pourtant confirmé comme britannique et dont le conflit larvé entre les deux monarchies trouve ses origines lors de l'avènement des Bourbons sur le trône d'Espagne.

Actuel ministre en chef de Gibraltar, Fabian Picardo (membre du Parti travailliste-socialiste) s'est dit très irrité *µ du discours du roi d'Espagne qui ignorerait , selon lui, les réels souhaits des habitants du "Rock" (Rocher) à demeurer citoyens britanniques et rejoignant ainsi les voix de plusieurs députés qui auraient déclaré lors de différentes interviews à la presse " It’s none of his business !" (ce ne sont pas ses affaires !).

Frederic De Natal

* : http://www.parismatch.com/Royal-Blog/Royaume-Uni/Letizia-et-Felipe-enfin-chez-les-Windsor-1306622

** : http://www.telegraph.co.uk/news/2017/07/12/king-queen-spain-arrive-state-visit/

 

 

Commentaires  

#4 Ivannick 15-07-2017 15:21
Concernant les enclaves espagnoles sur le continent africain, hormis favoriser l'immigration illégale en Europe, j'aimerai savoir quel est l'intérêt pour l'Espagne de conserver ses confettis territoriaux qui doivent lui coûter une fortune en termes de surveillance et du renforcement de la sécurité de ces frontières outre-mer.
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#3 Pinoteau Hervé 15-07-2017 10:16
La photo montre que le roi d'Espafbe a été décoré de la Jarretière.
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#2 Benoît Legendre 14-07-2017 18:04
Ben si, justement, Gibraltar fait partie des "affaires" du roi d'Espagne... comme Melilla et Ceuta font partie des "affaires" du roi du Maroc !

Je pense néanmoins, et j'espère, que l'avis des habitants de ces territoires sera pris en compte, mais quand je vois comment se passent les référendums européens depuis quelques temps, il y a de quoi être pessimiste...

Et puis derrière tout cela, il y a de gros intérêts financiers ! et géostratégiques ! Le Royaume-Uni n'a plus besoin de Gibraltar comme jadis, mais le rocher reste quand même un "œil" sur le passage atlantique - méditerranée...
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#1 Meuse 14-07-2017 08:22
La population habitant majoritairement le rocher de Gibraltar a été importée artificiellemen t de Malte sur ce territoire, tandis que les Espagnols en étaient chassés. C'est l'habitude anglaise de la déportation, appliquée aux Acadiens, aux habitants des Malouines, du Nouveau Brunswick et bien d'autres. Il faudrait donc que l'on respecte le souhait des populations présentes, alors qu'elles se sont installées à la place des populations évincées et chassées de chez elles. Difficile à admettre pour les Espagnols.
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