Le Dalaï Lama est en France

Le dalaï-lama est en France du 12 au 18 septembre où il donnera une série de conférences. Poussé à l'exil depuis 1959, l'homme de 79 ans, prix Nobel de la paix en 1989, est en effet devenu une icône mondiale et a participé plus que tout autre à la diffusion du combat pour la libération du Tibet.

Le dalaï-lama passera l'essentiel de son séjour à Strasbourg. C’est un événement qui mérite d’être signalé quelle que soit notre religion. Le chef spirituel bouddhiste a déjà fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de rencontrer les officiels. Ses maîtres mots sont : altruisme, compassion, bienveillance. Depuis le XVIIe siècle, il est également le chef temporel du Tibet ; c'est le cinquième dalaï-lama qui instaura sa capitale à Lhassa.

Historiquement, le dalaï-lama jouit d'un double statut, politique et religieux. Dans la religion bouddhiste, il est en effet considéré comme la réincarnation du bodhisattva (l'équivalent d'un saint dans le bouddhisme) de la compassion, et représente, à ce titre, la plus haute autorité spirituelle de cette religion. « Dès les années 1960, je n'ai eu de cesse de répéter que les Tibétains avaient besoin d'un dirigeant, élu librement par le peuple tibétain, à qui je pourrai transmettre le pouvoir. Aujourd'hui, j'ai clairement atteint le moment pour mettre ceci en application. »

En 2011, à l'âge de 76 ans, il déclarait déjà : « A l'âge de 90 ans, je consulterai les plus hautes instances bouddhistes tibétaines et les Tibétains, afin de réévaluer la pertinence de l'institution du dalaï-lama. » Pour ce qui est de sa réincarnation, il faudra dans tous les cas attendre au moins vingt ans, puisque ses médecins affirment qu'il vivra au moins jusqu'à 100 ans. Le dalaï-lama a, quant à lui, rêvé qu'il vivrait jusqu'à 113 ans…

L'interprète français du dalaï-lama, Matthieu Ricard (particulièrement médiatique), expliquait en 2008 que « le dalaï-lama a maintes fois répété que son projet d'autonomie s'inscrivait dans un cadre démocratique et laïque ». Le Dalaï Lama est le chef spirituel du peuple tibétain, mais il est également un enseignant de la philosophie bouddhiste parmi les plus érudits. Ses enseignements attirent de très nombreux pratiquants et sympathisants dans tous les pays du monde. C'est dans ce cadre que s'organise sa venue à Strasbourg en septembre 2016. Le Dalaï Lama répond à l'invitation de plusieurs centres et congrégations bouddhistes tibétains qui, pour l'occasion, se sont fédérés en l'association : Mandalas-Strasbourg 2016.

Chef spirituel des Tibétains, Tenzin Gyatso, quatorzième dalaï-lama, il représente toujours « le » leader incontesté des Tibétains au Tibet (6 millions de personnes) et pour la diaspora tibétaine dans le monde (près de 300 000 dont 4 000 en France). Pour le moine bouddhiste Matthieu Ricard, très proche du dalaï-lama et son interprète durant son déplacement, le leader tibétain « s’occupe principalement de trois choses maintenant : promouvoir les valeurs humaines, l’harmonie entre les religions et poursuivre le dialogue avec la science ». Spiritualité, sciences et écologie seront au cœur des prises de parole de ce tenant de la « responsabilité universelle », notamment face aux désordres climatiques.

À Paris, le Dalaï-lama parlera à la Maison des avocats de l’articulation entre droit et environnement, et participera à une rencontre sur le dialogue interreligieux, « au service du respect et de la tolérance », au Collège des Bernardins. Il tiendra aussi une conférence-débat sur « Les défis de la culture tibétaine dans un monde globalisé » à l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales). Évoquer ce bref séjour en France ne pouvait être ignoré de nos lecteurs. Être chrétien et pratiquant n’interdit pas que l’on s’ouvre à d’autres mouvements religieux par simple curiosité intellectuelle ou intérêt. Il s’symbolise aussi la paix et la sérénité, dont nous avons tous besoin.

Solange Strimon

Commentaires  

#3 Ivannick 19-09-2016 13:13
@ Meuse, je vous trouve bien sévère dans votre jugement. Cet article ne fait que relater des faits. Certes le Dalaï Lama a dit qu'il n'aurait pas de successeur, mais il a rajouté que le Karmapa prendrait sa suite en tant que guide spirituel. Quant au Bouddhisme, sa philosophie est bien antérieur aux droits de l'homme qui n'ont fait que "s'inspirer" de philosophes et de messages religieux datant de plusieurs siècles.
Pour ce qui est des traditions, le Dalaï Lama n'a eu de cesse de préserver la culture, la langue et les arts de son peuple, qu'il soit ouvert aux autres n'est en rien une négation de son identité qu'il revendique. D'ailleurs il lui a été reproché récemment d'avoir dit que l’Allemagne devait rester allemande et que les réfugiés devraient à terme retourner chez eux. Difficile d'être plus clair comme position politique et message du respect des identités nationales...
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#2 Meuse 17-09-2016 09:58
Franchement, je trouve cet article d'une naïveté déconcertante. Comment Mme Strimon fait-elle pour ne pas voir que le Dalaï Lama a totalement renié sa qualité de chef d'un Etat anéanti pour se faire l'icône des théories humanitaristes les plus détestables? Les médias ui donnent la parole, non pas en tant que chef traditionnel du Tibet, mais parce que son discours tourne toujours autour des prétendus Droits de l'Homme, avec un assaisonnement d'humour dans le style américain. Du reste, ce personnage a déclaré qu'il n'y aurait pas de Dalaï Lama après lui, mettant ainsi fin à la tradition séculaire qu'il était chargé de défendre. Mme Strimon aurait besoin d'une formation politique afin de déceler les pièges du consensus imposé ar l'oligarchie mondiale. Et éviter d'y tomber!
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#1 Benoît Legendre 16-09-2016 17:16
J'ai un très grand respect pour Tenzin Gyatso... Voilà un homme qui bénéficie d'une capacité à la sagesse qui serait bien utile à certains !

Si un jour le Tibet devenait un état véritablement indépendant et souverain (j'en doute, la Chine et l'Inde ne l'accepteront jamais), le Dalaï-lama pourrait en devenir le Chef d'Etat un peu comme la reine Elisabeth est Chef d'Etat du Canada, de l'Australie, etc... ?

Une sorte de haute autorité spirituelle, alors que le pouvoir politique serait dans les mains d'un "premier ministre", et le pouvoir législatif dans les mains d'une "assemblée" nationale tibétaine ?

Mais parmi vous il en est sûrement qui me diraient que j'ai une vision bien trop occidentale du problème...
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