[Point de vue] Et après le Brexit ?

Le Brexit est une première victoire pour tous les peuples qui veulent sortir du joug américain. Mais la route conduisant à la nouvelle indépendance du Royaume Uni est semée d’embûches. A commencer par la division intérieure : l’Ulster et l’Ecosse sont prêts à faire sécession pour rester dans l’Union Européenne. Quant au processus de sortie, on parlait, avant le Brexit, d’un délai de deux ans pour définir les modalités de sortie. Aujourd’hui, certains commissaires de Bruxelles parlent d’un délai de cinq à sept ans. Juste le temps pour que les Anglais oublient qu’ils se sont prononcé pour la sortie de l’Union Européenne !

Voyons maintenant ce qui se passe à l’extérieur du Royaume Uni. Plusieurs voix se sont élevées, dont celle du Front National en France, pour suivre le modèle anglais. Là nous entrons dans la politique-fiction. Mais il arrive que le rêve dépasse la réalité…

Supposons donc que, enthousiasmés et revigorés par l’exemple anglais, plusieurs peuples se mobilisent pour une sortie de l’Union Européenne. Répondons tout de suite à ceux qui objecteraient que ce serait la voie de l’isolement.

Il est clair que l’Europe à construire, c’est la Confédération Eurasiatique

La Russie fait partie de l’Europe. C’est avec elle que nous devons coopérer. Non pas dans le sens d’une structure supranationale, comme cette Union Européenne qu’on veut nous imposer, mais sous forme d’une alliance entre Etats souverains. C’est ce qu’on appelle une Confédération.

Ainsi que l’avait défini la doctrine Mackinder il y a 150 ans, le plus grand cauchemar des Etats-Unis et du Royaume-Uni, c’est justement une Europe continentale, par opposition à leur vœu d’une Europe atlantique. La même doctrine explique que l’Etat qui prendra possession de ce bloc eurasiatique dirigera le monde. C’est, bien entendu, l’objectif des Etats-Unis, ce que Brzezinski expliquait déjà noir sur blanc en 1997 dans son livre « Le grand échiquier ».

Par conséquent, si plusieurs forces centrifuges apparaissaient en Europe, ce serait la fin de la suprématie américaine et le début de son isolement. Non seulement sur le plan politique mais aussi économique car ce serait la fin du dollar comme monnaie des échanges internationaux. La Chine prépare en effet depuis longtemps la reconnaissance du renminbi sur la scène internationale, accompagnée du retour à l’étalon or.

Il est impensable que les Etats-Unis ignorent un tel scénario et qu’ils aient omis de s’y préparer. Ils ont introduit, il y a quelques années, le concept du « soft power ». Mais s’il s’avère que ce mécanisme ne fonctionne plus, alors il ne leur reste que la guerre.

Jamais la menace d’une troisième guerre mondiale n’a été aussi proche

A cours du vingtième siècle, les Etats-Unis ont laissé les peuples européens se massacrer entre eux, sans intervenir si ce n’est vers la fin des deux guerres. Ce, pour leur plus grand profit. Aujourd’hui, on se rapproche à grande vitesse d’une situation dans laquelle ils seront forcés d’intervenir. Ce ne sera que la prolongation de leur politique impérialiste. Rappelons en effet que, chaque jour, de façon clandestine, les forces spéciales américaines épaulées par des armées privées et les frappes furtives des drones, opèrent dans 70 à 90 pays. Ils mènent depuis plus de vingt ans au Moyen-Orient la « politique du chaos », tout le contraire de la recherche d’une paix durable sur ces territoires. Par ailleurs, l’empire nord-américain est actif dans 53 des 54 pays du continent africain (Rivarol du 9/06/2016).

Le malheur est que nous ne sommes pas préparés à un tel affrontement. Non seulement militairement, car les deux seuls pays européens disposant d’une armée consistante sont le Royaume-Uni et la France, mais ces armées ont été fortement réduites. Mais, en plus, nous ne sommes pas préparés psychologiquement. En effet, des années de propagande nous ont persuadés que les Etats-Unis sont notre grand allié alors que c’est tout l’inverse. Il suffit de se rappeler combien de villes françaises ont été entièrement détruites en 1945 – par exemple Caen et Royan – alors que ce n’était pas des lieux stratégiques. Sans parler de toutes les victimes civiles inutiles, en nombre bien supérieur aux pertes françaises pendant toute la guerre.

Bien sûr, il ne s’agirait pas d’une occupation américaine, comme la France l’a connu pendant la deuxième guerre mondiale de la part des Allemands. Deux scénarios (au moins) sont possibles. Le premier est une attaque américaine contre la Russie, par un canal direct ou indirect, laquelle amènerait une riposte de la Russie qui envahirait la France, alliée des Etats-Unis du fait de notre participation à l’OTAN.

Un autre scénario probable est celui qui s’est opéré en Syrie puis en Ukraine : des mercenaires payés par les Américains provoquent la guerre civile en France. Les prétextes sont faciles à trouver. En voici un, parmi d’autres : l’abattage halal rapporte 6 milliards d’euros par an aux mahométans. Or il est interdit par les conventions internationales qui définissent les conditions d’abattage permettant de ne pas faire souffrir les animaux. Si un homme politique décidait de l’interdire, 5 millions de mahométans prendraient les armes et ce serait la guerre civile en France.

C’est pourquoi deux décisions doivent être prises d’urgence par le gouvernement français :

Augmenter le budget de la défense nationale jusqu’à 3% du PIB et réviser le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale paru en 2013

Georges Tartaret

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