Mort de Chokri Belaïd: les prémices d'une guerre civile ?

La mort de Chokri Belaïd en Tunisie, mercredi 6 février, a ravivé les flammes d'une situation civile tendue.

La Tunisie est gouvernée par un parti islamiste, Ennahda, qui tire son origine dans l'opposition des années 80 et de la succession d'un mouvement proche des Frères musulmans sous le régime de Bourguiba.

Mis au pouvoir du fait de l'éclatement de l'opposition après la chute de Ben Ali (le parti cumule seulement les sympathies de 29 % de la population),  ce dernier affiche une image officielle de tolérance et de respect des institutions démocratiques (à l’instar de Ben Ali en son temps) tout en tolérant dans ses slogans une réclamation de la charia comme base législative.

On pourrait comparer Ennahda au parti du Turc Erdogan.

 

L'opposition, composée d'une gauche libertaire et occidentalisée, affronte depuis plusieurs mois un gouvernement dont il craint les dérives islamistes et qu'il rend responsable des violences.

La dénonciation de la création de milices sur le modèle de celles des gardiens de la révolution iraniens (révolution iranienne dont les mouvements islamistes tunisiens ont été proches dans les années 70), est l'un des fers de lance de l'opposition et de feu Chokri Belaïd, assassiné par arme à feu, vraisemblablement par l'une de ces milices. 

Dans ce contexte, on peut légitimement imaginer que la frange la plus dure d'Ennahda prenne  prétexte des émeutes d'aujourd'hui et d'hier (qui ont fait un mort parmi les forces de police) et de celles à prévoir jeudi (jour de l'inhumation de Chokri Belaïd) pour imposer encore plus durement un contrôle de la population et, qui sait, tenter de confisquer le pouvoir par la force dans une sorte de Révolution islamique.

Un scénario probable qui viendrait consolider les prévisions faites il y a deux ans, par des journalistes comme Éric Zemmour, qui craignaient que le renversement de Ben Ali ne fassent, en définitive, le jeu des islamistes.

Avec l'engagement de la France au Mali, on a du mal à envisager comment notre armée (et notre économie) pourrait se permettre d'ouvrir un second front si la situation venait à dégénérer.

Affaire à suivre.  

Roman Ungern

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