Un euro fort pour une Europe faible ?

Un euro faible est-il une bonne chose pour notre économie ?

On pourra avancer trois réponses, malheureusement complémentaires :

1.  La croissance de notre économie repose beaucoup sur notre capacité à exporter. Un euro cher rend nos produits moins compétitifs à l’exportation du seul fait de la parité de notre devise. Mécaniquement : nos exportations baissent => les entreprises exportatrices réduisent leur production => destructions d’emplois et de revenus…

2.  Mais alors, me direz-vous, un euro fort signifie que les prix des produits importés reculent ! Certes… Mais ce n’est pas forcément un avantage, car alors nos propres produits se retrouvent concurrencés par les produits importés bon marché. Nos produits nationaux deviennent moins compétitifs et perdent en part de marché : et « re » destructions d’emplois et de revenus…

3.  Mais alors, me direz-vous encore, un euro cher permet d’investir plus facilement à l’étranger ! Certes, mais symétriquement les étrangers ont plus de mal à investir chez nous. Ainsi la balance des flux d’investissements passe au rouge par un effet de ciseaux imparable : notre propre argent part s’investir ailleurs quand celui des autres ne vient plus chez nous : et « re-re » destructions d’emplois et de revenus, avec en prime déficits publics et accroissement de la dette…

Reste donc à déterminer :

1.  le niveau de parité de l’euro contre dollar optimal pour notre économie ;

2.  la politique économique et monétaire capable d’accompagner en bon ordre notre devise au niveau souhaité, et ce malgré les forces des :

a.  marchés financiers,

b.  des politiques monétaires de nos « partenaires » économiques !

Premier élément de réponse : si tant est que regarder en arrière ait encore un sens, c’est lorsque la parité était au plus bas (en dessous de 1 dollar pour un euro), en 2000, que la croissance était la plus forte (supérieure à 3%, une autre époque !).

Deuxième élément de réponse : le volume quotidien de transactions au comptant du marché des changes est d’environ 2 000 milliards de dollars… Ce à quoi il faut ajouter les prises de position sur les produits dérivés spéculatifs. À votre avis, que pèsent les politiques monétaires face aux forces des marchés ?

Une chose est sûre : la sortie de la crise passe par une baisse de l’euro… pouvant très bien se réaliser « grâce » à une aggravation dévastatrice de la récession ! Bientôt le fond de la piscine ?

À suivre…

AC

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