L'espérance de juin

Relisant les éditoriaux que je vous ai adressés depuis un an, chaque mois, j'ai eu l'impression de ne pas répondre tout à fait à la tâche que je m'étais fixée de vous rendre l'espérance en l'avenir de notre patrie pour forger vos cœurs et vos intelligences en vue du combat social et politique qui se livre en France en faveur ou contre le bon sens.

L'espérance est sans doute la plus grande arme des troupes combattantes. Elle est, au même titre que la stratégie, l'outil de la victoire. Elle est surtout ce qui maintient les hommes en route, au lieu de s'asseoir au bord du chemin dans un « à quoi bon » désolé. Or, nous avons besoin, ici et maintenant, de salariés, d'entrepreneurs, d'artisans, de professions libérales, de fonctionnaires, de soldats, de pères et mères de familles, d'étudiants, d'ecclésiastiques, d'enfants gonflés à bloc par cette vertu primordiale qu'est l'espérance.

Espérance en quoi ? En la France et son avenir. Mais ce n'est pas un opium. Elle s'appuie sur des éléments concrets. C'est pourquoi j'ai décidé, en plus de ma chronique mensuelle, de recenser pour vous ce qui me semble être des bonnes nouvelles pour notre peuple et notre terre. J'espère que ces éléments palpables vous donneront assez de baume au cœur pour vous dire que loin d'avoir été vaincus, notre victoire est en marche. C'est celle de l'esprit français, ce que j'aime appeler, le bon sens.

Regardons d'abord les nouvelles politiques, car ce sont souvent elles qui nous effarent le plus.

Jacques Toubon possible nouveau Défenseur des droits ? Il y aurait à redire chez ce personnage politique, chiraquien de toujours et membre du conseil d'orientation de la très contestable cité de l'immigration, sise dans l'ancien musée des colonies. Mais ce que je veux saluer avec vous c'est le fait que, pour la première fois, c'est un Président socialiste qui croît nécessaire de s'ouvrir à droite, et non plus seulement des Présidents gaullistes qui pensent s'acheter un certificat de bonne conduite en ouvrant leurs nominations à gauche. Alors que les grands partis sont en crise, ne verrait-on pas enfin s'effondrer le cloisonnement partisan orchestré par la gauche depuis 1945 ? J'aime à le croire.

Qui ose gagne ! C'est un peu ce que l'on pourrait dire des premières semaines de mandat de Robert Ménard, à Béziers. Son souci, il le disait durant sa campagne, était de rendre sa ville économiquement attractive. Il a fait sienne la devise du baron Louis : « Donnez-moi une bonne politique et je vous ferai de bonnes finances ». Et loin de s'immiscer dans l'économie de sa ville, il en règle d'abord la politique, qui relève de lui, pour alléger le fardeau des acteurs économiques. C'est cela, le bon sens ! Ecarté du Front national, critiqué par la presse, il avance et il semble réussir. En interdisant de suspendre le linge aux fenêtres, en limitant l'étude surveillée du soir dans les écoles aux enfants dont les deux parents travaillent, en instaurant un couvre-feu pour les mineurs de moins de treize ans, en proposant de rétablir l'uniforme dans les écoles de la commune et en multipliant les rappels à l'ordre chez les délinquants, il mène une politique que l'on pourrait dire de la vertu et du rétablissement du civisme, tout autant que de bon sens dans l'utilisation des deniers de la ville. Cela aura-t-il l'effet escompté ? Réponse dans six ans. Mais si vous voulez espérer en un politique, en voici un.

En diplomatie, c'est aussi l'ouverture... à l'entreprise ! Laurent Fabius a procédé à une série de nominations dans les ambassades et les profils de diplomate se sont clairement ouverts vers des profils mixtes, passés par l'entreprise et la fonction publique. Je ne peux que m'en réjouir car les parcours univoques de diplomates n'ayant jamais connu que le sérail du quai d'Orsay étaient préjudiciables, jusque-là, à la diplomatie de la France, qui ne peut pas faire l'impasse sur l'action économique internationale.

Puisque nous parlons d'affaires étrangères, j'aimerais attirer votre attention sur ce que j'appellerais la diplomatie parallèle de la société civile. Jeudi 12 juin, Ludovine de la Rochère, présidente la Manif pour tous, a rencontré le pape, avec lequel elle a pu s'entretenir quelques instants. A l'issu de leur conversation, celui-ci l'a assurée qu'il penserait au moyen le plus adéquat de s'adresser à la France sur les questions familiales. Alors que le gouvernement lance un nouveau projet de loi famille avec en ligne de mire la promotion du statut du beau-parent, nécessaire peut-être dans des cas particuliers, appréciés par le juge, mais qui dans le cadre général de la loi vise à déstructurer un peu plus les rapports naturels parents-enfants, la parole du pape serait la bienvenue. Une telle réception, surtout, est la preuve de la crédibilité et du poids de ce mouvement, qui loin de s'épuiser, se renforce et approfondit son action au service de la société civile. La Manif pour tous nous donne de l'espoir, beaucoup d'espoir.

Mais la vie des hommes n'est pas faite que d'idéaux et d'actions politiques. L'économie aussi donne parfois des raisons de se réjouir.

Ainsi, en lisant la presse ces derniers jours, j'y ai découvert avec joie que la firme automobile PSA allait investir 300 millions d'euros dans son usine de Mulhouse. Nous savons tous que l'industrie française se porte mal. Nous savons combien l'automobile est capitale pour la vallée de la Seine et le sud de l'Alsace. C'est donc avec joie que j'ai accueilli cette nouvelle. On ne ferme pas une usine dans laquelle on investit une pareille somme ! En outre, la manière dont cet investissement a été décidé ne peut que conforter mon choix du bon sens contre l'idéologie. Loin d'avoir favorisé telle vision de l'économie contre telle autre, cette décision a été le fruit d'une réflexion commune entre la direction de PSA, l'Etat et les syndicats de la firme. En échange du gel des salaires et de plus de flexibilité dans la gestion des emplois, la direction s'est engagée à maintenir ses sites et à les moderniser. Ainsi, ouvriers et patrons se sont mis d'accord, au nom de leur bien commun. Comme j'aimerais qu'il y ait plus d'exemples comme celui-ci !

Les décisions de nos différents gouvernements, en matière de défense, depuis plus de vingt ans, dans le sens d'un recul constant des dépenses, ont gravement menacé notre industrie de défense, pourtant grand pourvoyeur d'emplois et d'innovations technologiques, utilisées dans le secteur civil. Deux bonnes nouvelles sont tombées coups sur coups dans ce domaine. D'une part, la promesse du Président de la République de ne plus toucher au budget de la défense. Remarquez, je ne sais pas trop ce qu'on aurait encore pu retirer à nos militaires... Et l'annonce d'un investissement supplémentaire de 200 millions d'euros dans la recherche en matière de drones. De plus, les recherches seront conjointement menées par la France et le Royaume-Uni, renforçant notre coopération en matière de défense. Derrière la recherche et développement en matière d'aéronautique de combat, ce ne sont pas moins de 4000 PME concernées. On ne peut que se gonfler le cœur en apprenant qu'au moins un secteur de notre industrie de défense voit des jours un peu plus radieux se profiler.

Enfin, je vous propose de terminer au large. Je suis, de longue date, attaché à l'indépendance énergétique de mon pays. Grâce au nucléaire, celle-ci est largement assurée, bien plus que pour nombre de nos voisins. Mais ce n'est pas suffisant. Il faut préparer l'avenir. Avec notre façade maritime, une des premières de l'ouest du continent, la mer semble le lieu rêvé pour développer les énergies de demain. Longtemps la France fut en retard dans le domaine de l'énergie marine. Mais elle se met à la page, au point même de vendre des éoliennes de pleine mer au Royaume-Uni et à l'Allemagne qui, initialement avaient plus d'avance que nous. En France même, EDF sollicite plusieurs entreprises pour élargir son éventail de sources d'énergie. Après les éoliennes au large de la Normandie, voici les hydroliennes, utilisant la force des courants marins, perpétuels. DCNS et la firme OpenHydro ont livré deux turbines qui, posées au fond de l'eau près de Bréhat, semblent suffisamment rentables pour qu'EDF ait décidé d'élargir ses commandes.

Vous le voyez, chers amis, dans le domaine de la politique, du combat sociétal et de l'économie, nous avons encore de solides raisons d'espérer, bien que le cas soit grave pour notre belle France.

Alors retroussons nos manches !

Charles

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