Le Coup de Jarnac

L’on demanda un jour à François « Le Petit », que ses amis surnommaient affectueusement « Fraise des Bois » ou « Capitaine de Pédalo », d’où il tenait cette merveilleuse vêture de libéralisme capitaliste.

Il répondit qu’elle lui venait du réalisme économique que lui inculqua sa chère E.N.A.

Or, de mauvaises langues travestirent ses propos et répandirent qu’il avait dit qu’elle lui venait du réalisme politique que lui inspira son prédécesseur, François « Le Florentin ». Ajoutant qu’il avait conclu que passer par l’électorat de gauche pour arriver à appliquer une politique de droite était souvent, politiquement, le chemin le plus court…

La compagnie se gaussa, mais certains familiers, sincèrement à gauche, s’en émurent et François « Le Petit » dut se justifier pour les conserver dans un semblant d’entourage. Dès lors, il chercha à obtenir réparation des mauvais esprits qui l’avaient mis sur la sellette.

Il en fut empêché plusieurs années, mais finit par découvrir l’auteur de la calomnie : un redoutable bretteur dont les éternelles divisions internes entretenaient la lame de la médisance très affûtée : son propre parti !

Quand arriva la date anniversaire de la mort de François « Le Florentin », il saisit l’occasion pour se venger de l’affront. Prenant prétexte de cet anniversaire de décès, il appela le parti et alla avec lui à Jarnac, se prosterner devant le sépulcre de celui qui en fut la plus belle incarnation.

Convoqué sur le pré du souvenir, le parti ne put se dérober et crut d’ailleurs triompher facilement de l’offensé par le contraste que révèlerait la confrontation entre « Le Florentin » et « Le Petit ».

C’est alors que François « Le Petit » lui porta le coup fatal : feignant de commémorer l’illustre disparu avec le parti, il convoquait en réalité les mânes de ce dernier à venir constater leur propre décès et le lieu de leur ensevelissement vingt ans plus tôt ! Le parti ne vit pas le coup venir, mais la lame du réel l’atteignit de revers et sectionna d’un coup le jarret des certitudes !

Les mânes du parti, décillés de leur illusion de vivre encore, s’évanouirent et le parti disparut.

L’on considéra ce coup très habile et il donna lieu à une expression proverbiale…

Franz de Burgos

Commentaires  

#6 Benoît Legendre 14-01-2016 16:26
François Mitterrand, malgré tous les défauts et les vices de l'homme politique, était d'une autre stature et jouait dans la cour des "grands"...

François "le Florentin" était un homme très cultivé, intelligent, retors aussi bien sûr (il avait très bien appris à parler "socialiste"), mais tellement plus avisé ! Avec Mitterrand, jamais la loi taubira ne serait passée... Avec Mitterrand, pas question de se taper sur le ventre ! Les socialistes des années 80 n'ont pas oublié que le "patron", c'était lui, et personne d'autre !
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#5 Lepoilux 13-01-2016 15:28
François Mitterrand était pétainiste; il l'est resté jusqu'à sa mort.
On a dit qu'il a soudainement changé d'avis en devenant socialiste.
Il n'a jamais changé d'opinion, il a juste changé de tactique.
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#4 PELLIER Dominique 13-01-2016 08:05
Comprenez-vous pourquoi ces gens ne m'intéressent pas ?????
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#3 Gwenne Balafenn 12-01-2016 19:26
Savez vous pourquoi Mitterrand est enterré à Jarnac ?
Réponse : Parce qu'on a pas trouvé de patelin qui s'appelle "J'escroque", le mot exact est trop vulgaire pour être écrit ici.
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#2 leon barbanzed 12-01-2016 12:00
François l'Ancien, dit le Florentin, était un homme de la pure droite d'avant guerre.
Ses convictions durèrent pendant toute la guerre .
Mais son ambition politique se heurta au bonapartisme gaullien. Alors il conclut , comme les anciens radicaux le conseillaient, " de gauche, de gauche, le peuple , le peuple,... on finit toujours par passer ".
Et les français , braves gens, l'ont laisser faire !
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#1 PELLIER Dominique 12-01-2016 08:05
Sous son air débonnaire se cache peut-être un renard, mais cela ne nous concerne pas. Encore moins quand ces gens dont il fait partie, affament les Français...
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