N'ayons pas peur...

… de fonder une famille (ou de la repenser, si elle vacille) en nous donnant un seul objectif, celui de la réussir avec le cœur, l’esprit, l’intelligence et tout ce qui nous a été transmis par nos parents, grands-parents, aïeux. La famille, le lieu sacré où l’on se construit dans l’amour, la haine, la colère, l’indifférence, le partage, l’individualisme…

En ce premier dimanche après Noël, nous fêtons la Sainte Famille et c’est pour nous le moment de nous pencher sur le devenir d’une famille en 2014. Combien de couples divorcés autour de nous, d’enfants ballottés à droite, à gauche, au milieu, au centre, comme des ballons de foot, d’adolescents que l’on trouve dans la rue, errant comme des âmes en peine, ne sachant où aller et que faire, voire de jeunes enfants livrés à la rue et à tous ses dangers, de malheureuses petites victimes des guerres, des conflits et de la famine.

Quelle responsabilité est la nôtre dans cette société où l’individualisme et la quête du bonheur personnel peuvent nous éloigner de nos enfants, « la chair de notre chair », le prolongement de notre nom, de notre famille ! Que demandent les enfants bien avant le pain, la viande, le dessert et les cadeaux ? De l’amour, de la tendresse, de l’affection, de l’attention, autrement dit, rien que du temps.

O ce temps qui nous échappe, ce temps que l’on ne sait retenir, happé par tant de contraintes sociétales, professionnelles, associatives, ce temps qui se rit de nous et de nos larmes, ce temps qui nous broie, nous dévore, nous laissant inertes, comme des pantins désarticulés, ce temps qui sait qu’il aura toujours le dernier mot et qu’il est sans pitié, ce temps qu’aucune force au monde ne peut freiner, ralentir, apitoyer. Les poètes, les philosophes, les écrivains, les politiques courent après le temps, si bien décrit par Baudelaire, entre autres : Horloge ! Dieu sinistre, effrayant, impassible, dont le doigt nous menace et nous dit : « souviens-toi, les vibrantes douleurs dans ton cœur plein d’effroi se planteront bientôt comme dans une cible ».

Dans nos instants de doute, d’interrogation, pensons à Jésus, venu sur terre pour faire partie d’une famille humaine,une famille qui a connu elle aussi des épreuves et des déplacements. Peut-être que tout à la joie de fêter la naissance de Jésus, nous oublions ce qui a précédé et les voyages qui ont dû être accomplis pour que s’accomplisse la volonté de Dieu. Marie est allée voir sa cousine Elisabeth pour lui faire part de la naissance de Jésus. Ce premier long voyage fut suivi d’un autre de Nazareth vers Bethléem pour le recensement, puis le couple dut fuir en Egypte pour ne pas subir la colère d’Hérode. Marie aurait certainement préféré donner naissance à cet enfant divin ailleurs que dans une étable. Ni elle, ni Joseph ne se sont révoltés. Ils ont accepté de se laisser guider en toute confiance dans l’amour de Dieu. Ils ont accueilli l’enfant Jésus avec amour, tendresse, soins.

La Sainte Famille représente pour nous – plus de deux mille ans plus tard – un merveilleux modèle d’amour et d’obéissance à Dieu. Marie et Joseph n’ont jamais douté. Ils sont allés là où Dieu les attendait. Ne pourrions-nous – nous aussi – faire confiance à Dieu dans notre parcours sur terre et nous arrêter pour prendre une pause quand le poids des épreuves nous empêche de respirer et d’avancer ? Et que nous risquons de prendre de mauvaises décisions concernant notre avenir, celui de notre couple, de notre famille !

Une famille, c’est vivant comme un arbre, une forêt, les vagues d’un océan, un volcan prêt à rugir pour son plaisir. Une famille, ça bouge, ça évolue, ça change, ça se révolte, et par cette réalité, la famille est confrontée à tellement d’intempéries qu’il importe de toujours veiller sur elle et de demander à Jésus de nous aider dans tous les évènements de la vie. Seuls, nous ne pouvons pas  réussir notre vie de famille. Il nous faut le secours de la Sainte Famille, qui fut tout au long de sa vie en marche. Jésus nous ouvre la voie de l’amour, de la compréhension, de la patience. Qu’il en faut de la patience avec nos adolescents si formatés par les mille et une tentations des nouveautés technologiques qu’ils en oublient toute notion de temps. Et combien il est difficile de leur apprendre la juste mesure du temps dans le respect des autres et dans l’amour de tous les membres de la famille.

A propos de la famille, Mère Teresa a très justement dit : « Pour répandre la joie, il est nécessaire d'avoir de la joie dans sa propre famille. La paix et la guerre commencent dans notre propre foyer. Si nous voulons la paix dans le monde, aimons-nous, avant tout, les uns les autres dans la famille ». « La joie est un filet d'amour avec lequel vous pouvez pêcher des âmes. Dieu aime celui qui donne avec joie parce qu'il donne plus. La joie peut se répandre dans son cœur qui brûle d'amour. »

N’oublions jamais en ce premier dimanche après Noel que Jésus a fait partie d'une famille humaine avant de faire partie de la grande famille de Dieu qui est Père, Fils et Saint Esprit. Dans sa lettre aux Colossiens (2ème lecture), saint Paul nous appelle à "vivre ensemble dans le Christ". Il nous expose les vertus qui favorisent une belle vie de famille, la tendresse, la bonté, l'humilité, la douceur, la patience, le pardon. Et "par-dessus tout, qu'il y ait l'amour".

Oui, fêtons ce dimanche la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, en essayant de nous approprier les qualités de cœur et d’esprit qui peut-être nous manquent et prenons la résolution de conduire notre famille en 2014 avec plus d’amour, mais aussi plus d’autorité pour éviter toute dérive. N’hésitons pas à demander à Jésus Son aide pour y parvenir. Une famille, ne l’oublions jamais, c’est une mini-société, dans laquelle on apprend à vivre en communauté. Dans quelles familles ont grandi les terroristes qui massacrent les chrétiens ? Ces malheureux orphelins n’ont certainement connu d’autres repères pour exister que la violence, le chaos, la souffrance et la mort. Prions pour eux spécialement devant la crèche de Noël.

Réjouissons-nous de connaître le modèle de la Sainte Famille pour ne jamais perdre confiance dans la certitude que Dieu est et restera toujours à nos côtés et qu’il existe une lumière à l’horizon.

Solange Strimon 

Commentaires  

#1 Pellier Dominique 30-12-2013 09:45
J'ai perdu mon père, cela fera bientôt un an, nous veillons, mes frères et moi sur notre mère très âgée et en une santé ni bonne ni mauvaise si ce n'est qu'un peu de perte des notions du temps, des choses et des difficultés motrices. Mais nous sommes là. Et puis, j'ai ma belle famille, trois beaux frères et deux belles soeurs, une kyrielle de nièces et neveux. Merci à Dieu pour cela, merci pour ma merveilleuse épouse et peut-être tant pis pour les enfants que nous n'aurons pas. Gloire à Dieu!
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