Traditions du Nouvel An

Elles sont moins nombreuses que celle du 25 décembre, mais elles existent tout de même. Deux régions françaises se distinguent par des traditions intéressantes, la Corse et la région du Sud-ouest :

- Tradition chrétienne : la Corse célèbre chaque 31 décembre à 18 heures la messe Di U Ringraziamentu (messe de remerciements). Les croyants viennent remercier Dieu pour les événements heureux écoulés dans l'année - mariages, naissances - mais aussi saluer la mémoire des disparus qui vivent heureux dans l'au-delà (ce que l’on ne peut que supposer évidemment).

- Tradition enivrante : les amateurs ont la possibilité de récolter avec les vignerons du Sud-ouest les derniers raisins sur mûris qui, le 31 au soir, donneront naissance à la cuvée de la Saint-Sylvestre, plus appréciée que le pieux vin de messe.

Mais c’est la couleur des sous-vêtements qui paraît-il donne la tendance et ce qui suit reste à vérifier (si vous le pouvez !) :

- Tradition coquine : en Argentine, porter un sous-vêtement neuf et rose garantira un nouvel amant. Et à minuit exactement, avancer son pied droit fera partir l'année du bon pied...

- Tradition sportive : au Brésil, s'habiller de blanc chassera les mauvais esprits et sauter sept fois dans les vagues de Copacabana attirera la chance.

- Tradition nourrissante : au Chili, manger une assiette de lentilles à minuit assurera une année prospère en argent et en travail. Et balayer avec énergie devant sa porte à minuit et une minute anéantira pour toujours les mauvaises ondes.

- Tradition ponctuelle : en Espagne, il faudra manger un grain de raisin à chaque coup de minuit précisément pour garantir la prospérité durant toute l'année.

- Tradition alcoolisée : en Russie, écrire un vœu sur un morceau de papier, le brûler, mettre les résidus dans une coupe de champagne ou un verre de vodka et le boire avant minuit.

- Tradition dangereuse : en Turquie, jeter des grenades (les fruits) depuis son balcon rendra la nouvelle année abondante en amour, en argent et en travail.

- Traditions coquines bis : au Venezuela, ce sont les culottes et slips jaunes qui apporteront la chance. Le dessous chatoyant rouge fonctionne aussi parfaitement en Italie.

- Tradition bruyante : en Australie, frapper dans la rue sur des casseroles de toutes ses forces n'apportera qu'un heureux boucan d'enfer...

- Tradition fatigante : en Colombie, on fait le tour du pâté de maisons avec une valise vide pour vivre une année pleine de voyages !

- Tradition gastronomique : en Belgique, manger une choucroute une pièce de monnaie dans la main garantit un ventre plein et le bonheur total.

- Tradition superstitieuse : au Salvador, on casse un œuf dans un verre et à minuit pile et on le dépose sur le bord de sa fenêtre. Au petit matin, selon la forme qu'il aura prise, l'année à venir sera dessinée.

Il reste cependant une tradition simple à mettre en application : envoyer ses vœux par une jolie carte postale (toujours appréciée), ou les envoyer par mail de façon originale, ou (au pire) téléphoner (en dehors des heures repas). Même si le monde roule de plus en plus vite vers sa perte, pour peut-être renaître avec des politiques à la hauteur des situations (ce qui n’est malheureusement pas le cas actuellement), il faut vraiment séparer un monde d’une année par une autre. Ne pas oublier que ce sont les « jeunes » qui se manifestent auprès de leurs aînés, avec amour et considération, et que par ailleurs,  ces vœux sont peut-être un moyen de se rapprocher d’une personne avec laquelle on s’est fâché (pourquoi au fait ?). Il est toujours temps de remettre les pendules à l’heure de façon agréable et avec un champagne de qualité… ou un verre d’eau.

Ne jamais oublier que certaines dates permettent de tout reprendre à zéro, suite à ce qui peut être considéré comme des malentendus. « La vie est trop courte pour être petite » disait Benjamin Disraeli et plus on avance dans le temps et plus celui-ci s’accélère au point qu’il nous dépasse et nous laisse parfois sur le carreau. Rattraper ce qui peut et doit l’être, un objectif parfois très difficile, mais « A vaincre sans péril on triomphe sans gloire ». Ce proverbe est en fait une citation du Cid de Corneille, qui reprend presqu’à l’identique la formule utilisée par Sénèque dans l’une de ses lettres à Lucilius sur la Providence : « il sait qu’on vainc sans gloire quand on vainc sans péril ». Quand on triomphe d’une personne ou d’une situation sans avoir rencontré de résistance ou de difficulté, la victoire est dénuée de mérite. Tel est le sens courant de la citation de Corneille devenue proverbe. Mais qu’en est-il du contexte dans lequel Sénèque aborde cette question ? Que veut-il dire, et de qui parle-t-il ? Faut-il s’en tenir au gladiateur, ou ce précepte est-il applicable à tout un chacun ?

Le titre de la lettre à Lucilius peut interpeller : « Pourquoi les hommes de bien sont-ils sujets aux malheurs, alors qu’il existe une Providence ? » Pour les philosophes stoïciens, l’ordre du monde ne peut pas être le fruit du hasard, et il obéit à une loi éternelle : la Providence. Pourtant, il est commun de voir les hommes de bien victimes de la mauvaise fortune. Les hommes bons ne sont pas toujours ceux qui échappent le plus aux malheurs et aux difficultés, au contraire. Dans cette lettre, le philosophe stoïcien tente de répondre à cette apparente contradiction. L’objectif est clairement de réconcilier Lucilius avec les dieux, c’est-à-dire, dans un contexte stoïcien, avec la Providence. Comment comprendre le malheur ou les difficultés imposées par la fortune au sage ou à l’homme de bien, s’il existe bien une Providence ? Si vous avez une réponse, n’hésitez pas à vous manifester !

La nouvelle année nous donne tout au cours du mois de janvier mille et une occasions de renouer avec certaines personnes qui ont provoqué tant de souffrances et de difficultés pour vivre. Le pardon reste un acte difficile, tellement difficile qu’il faut aussi du temps pour y parvenir en osant parfois demander conseil à plus sage et expérimenté que soi ! Mais une nouvelle année commence, ne nous encombrons pas des erreurs de l’an passé, il reste tant à faire…

Alors belle année pour toutes et tous, et si le malheur frappe à votre porte ou que votre santé chancelle, ou que le travail va vous faire défaut, restez confiants, optimistes, en vous tournant vers Le Seigneur et l’Esprit Saint qu’Ils vous inspirent pour éviter les pièges, tomber dans le désespoir (c’est si facile) et vous apportent des aides inattendues, des mains tendues, des cœurs à l’écoute et de l’Amour. Rien ne se fait sans le temps et il faut donc laisser du temps au temps et ne pas se révolter inutilement. Le destin suit sa route, inexorablement, sans prendre le temps de vous essuyer les larmes, aveugle, sourd et muet à tout ce qui se passe pour ou contre vous. À vous de vous montrer plus fort, au moins en apparence ! Belle année chères lectrices et chers lecteurs de Vexilla Galliae. Puisse ce média rester votre référence pour l’avenir… et vous donner joies et satisfactions.

Solange Heisdorf-Strimon

Commentaires  

#4 PELLIER Dominique 09-01-2017 08:12
Bonne année à vous, à tous
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#3 Charles MERET ZOLVER 07-01-2017 18:28
Merci pour cette note d'espoir et ces paroles de sagesse. Il est vrai qu'il est très facile de tomber dans le désespoir; rappelons au passage que c'est le désespoir qui a perdu Judas, et non le simple acte de la trahison.
La persistance(vol ontaire)dans cet aveuglement (2 notions antinomiques en apparence pourtant)consti tue même, dans certains cas, l'ultime forme de l'orgueil: tout semble, en apparence, perdu, et l'homme, ce roseau faible et pensant, au lieu de se jeter dans les bras de "Papa Bon Dieu"(Marie Julie Jahenny) ou de sa "Maman du Ciel", compte sur ses seules forces et se croit le centre de l'univers; alors que l'unique "Centre" de tout et de tous ( cf la théologie paulinienne du Christocentrism e) est Notre Seigneur...
Il est vrai que le "bobardement" par les médias de nouvelles (généralement pas fraîches) sature, sidère et désoriente littéralement nos sens; nous n'avons plus Dieu, le Suprême Bien, comme Boussole, nous ne contrôlons plus nos pensées, nous nous laissons guider par nos émotions (C.F voeux article et commentaires de Solange Strimon pour l'année 2016), nous devenons gyrovagues.Nous ne pourrons, sur cette Terre, être vraiment heureux, et surtout agir justement et efficacement qu'en nous abandonnant totalement à la Divine Providence et en demeurant intimement en union avec le Bon Dieu, en utilisant tous les moyens nécessaires à cela: oraison, adoration, actions de grâce, fréquentation des sacrements, respect des Commandements de Dieu et de l'Eglise; en un mot, être réceptif à la Grâce de Dieu au lieu de nous disperser dans tous les sens...A ce propos, le Père Jean-Noël, supérieur émérite de la Fraternité de la Transfiguration à Mérigny, dans l'Indre, interrogé sur les ondes Radio Courtoisie, déplorait le fait que bon nombre de catholiques, toutes "tendances" confondues,se "démenaient" dans "l'activisme" ("politico-reli gieux" ou "socialo-humani tariste")au détriment de leur vie spirituelle...L a bonne "santé spirituelle" d'un pays ne se mesure pas au nombres de personnes manifestant contre des lois (mêmes iniques) ou s'engageant dans des projets humanitaires (parfois douteux), mais au nombre de sujets vivant dans une réelle intimité et amitié avec Dieu ainsi qu' au nombre de vocations religieuses. Là où l'activisme progresse, la (vraie) spiritualité régresse... La devise de certains ordres monastiques n'est -elle pas "orare, orare, laborare": une part de travail pour deux parts de prière... Je souhaite à tous les lecteurs de Vexilla Galliae, ainsi qu'à tous mes compatriotes une année PRIANTE !!!
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#2 Hervé Cheuzeville 07-01-2017 10:47
En effet, la messe Ringraziamentu est une tradition bien ancrée, en Corse. Cependant, j'ai vu que dans les différents pays d'Afrique où j'ai vécu, cette tradition est également bien enracinée: les fidèles remplissent les églises ce soir-là. Même au Laos, pays largement bouddhiste, je me rappelle avoir assisté à cette messe du 31 décembre, à la cathédrale de Vientiane (c'était le 31 décembre 1987, en pleine période communiste "dure"), célébrée par l'évêque, Mgr Jean Khamsé.
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#1 Essayan 07-01-2017 09:47
J'adore et merci pour cette sage réflexion. Le roi est vivant vive le roi.
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