La Toussaint, un rendez-vous avec nos chers disparus

La Toussaint est la fête de tous les saints. Pour les chrétiens, c'est une fête en l'honneur des saints et des martyrs. Bien que la Toussaint soit fêtée depuis le Vème siècle, la date de la célébration fut déplacée à plusieurs reprises. La fête de la Toussaint est aujourd'hui célébrée le premier novembre, probablement parce que c'est la date à laquelle le pape Grégoire III dédia aux morts l'une des chapelles de la Basilique Saint Pierre. La Toussaint précède le jour des morts.

Pendant la messe de la Toussaint, le prêtre procède à la lecture de textes bibliques et d'évangiles faisant référence aux saints et aux chemins menant à la sainteté. Ces lectures sont suivies d'une prière universelle ou d'un chant. Pour de nombreux pratiquants occasionnels, la Toussaint est aussi la fête des morts et l'occasion de prier pour leurs proches défunts.

Voyons la Toussaint dans le monde : en Europe, le jour de la Toussaint est férié dans différents pays comme la Hongrie, l'Espagne, la France, le Luxembourg, l'Italie, l'Autriche ou le Portugal. Par contre, dans les pays marqués par l'orthodoxie (Serbie, Russie, Grèce et Roumaine) ou ceux marqués par le protestantisme (Danemark, Pays Bas, Irlande, Finlande, Allemagne, Suède ou Angleterre), le jour de la Toussaint n'est pas férié. Au Danemark, la Toussaint est appelée "Allehelgensdag", le jour de tous les saints. Cette fête est célébrée lors du premier dimanche du mois de novembre. En Suède, il est de coutume d'aller se recueillir pendant cette journée. Pour ce faire, la plupart des suédois prennent un jour de congé. La coutume veut que l'on dépose des couronnes et des fleurs sur les sépultures. À cette occasion, des bougies ou des cierges sont aussi allumés sur les tombes.

Lacommunion des saints tient une grande place dans les liturgies. Dès le Vème siècle, on a fait mémoire des saints dans la prière eucharistique. La fête de tous les saints était célébrée le premier dimanche après la Pentecôte. Elle fut ensuite transférée au 1er novembre. Le 13 mai 610, le pape Boniface IV transforma en église le Panthéon romain qu’il dédia à Marie et aux Martyrs et fit de ce jour la fête de tous les saints. En 835, le pape Grégoire IV fit promulguer par l’empereur d’Occident Louis le Pieux un décret qui fixait la fête de tous les saints à la date du 1er novembre. A partir de ce moment, cette célébration devint rapidement dans toute l’Europe latine, une solennité commune et la fête du 13 mai disparut.

De nombreuses personnes humbles ont donné à leur entourage immédiat le témoignage authentique et admirable de la sainteté. Il est juste de les célébrer en les associant aux saints inscrits dans les divers martyrologes. La liturgie célèbre le Dieu trois fois saint entouré de tous les élus sanctifiés par sa grâce. Chacun ne reflète qu’une part infime de la sainteté infinie de Dieu. L’adoration de Dieu est au centre de la célébration de la Toussaint. La liturgie est une action de grâce à Dieu qui a fait de nous ses enfants. Les chrétiens proclament leur espérance. La solennité nous fait prendre conscience de la foule de tous les rachetés qui nous ont précédés et du monde invisible qui nous attend. Par solidarité, ils intercèdent pour nous.

La Toussaint nous invite à être en communion avec tous les rachetés, le prêtre peut nous amener à nous souvenir des personnes que nous avons aimées. Cette célébration se démarque de celle du lendemain, une prière pour toutes les personnes défuntes. La Toussaint n’est pas le seul jour où nous fêtons les saints. Tout au long de l’année, nous fêtons ces personnes qui ont eu une vie exemplaire et sont des modèles pour nous, ils nous appellent à l’imitation. Nous célébrons ainsi le Christ qui les a façonnés à son image et a créé entre tous les hommes une communion spirituelle.

L’étude de la vie des saints a une valeur pédagogique, elle nous entraîne vers le Christ. Ce ne sont pas des personnes « brillantes » mais elles reflètent par leur vie la lumière du Christ. Le mystère même de l’Église est la communion fraternelle qui existe entre les vivants et les morts à travers la prière et les sacrements. Nous formons un seul corps dont le Christ est la tête. Les saints « nous aident à libérer le saint qui se cache en nous comme un bloc de marbre non encore sculpté que l’amour de Dieu veut ciseler pour qu’apparaisse son image ».

À propos du 2 novembre : la fête de la Toussaint est inséparable de la commémoration des défunts. La première célébration s’est vécue dans la joie ; la seconde est plus en lien avec les souvenirs envers ceux que nous avons aimés. Comment expliquer que nous ressentions le besoin de prier ? La prière pour les défunts est un témoignage de l’affection que nous leur portons. Il y a certes d’autres signes d’affection ; les fleurs qui envahissent les cimetières manifestent l’attachement des vivants à ceux qui les ont quittés. Mais l’amour le plus lucide et le plus efficace se traduit par la prière à l’intention de ceux dont nous ne pouvons qu’espérer qu’ils ont découvert Dieu en plénitude.

La prière peut rejoindre et aider nos défunts dans leur désir et leur recherche de Dieu, à travers ce qu’ils ont vécu sur la terre. Dieu seul connaît le mystère de cette rencontre où notre prière peut toujours les accompagner. Quand l’Église invite à prier pour les défunts, elle invite aussi à poser un acte de foi en la communion des saints et en la vie éternelle à laquelle tous les hommes sont appelés.

Ce n’est pas seulement – comme certains le vivent – juste une habitude de célébrer les saints et nos défunts, mais c’est aussi la joie d’avoir des protecteurs et celle de nous souvenir de ceux qui nous aimés et continuent du haut du ciel de nous protéger… pour peu que nous le leur demandons, comme nous prions nos anges gardiens le matin de veiller sur nous. Rien ne se fait sans qu’il ait été demandé ! Et les visites au cimetière sont souvent l’occasion de revoir des personnes que l’on ne rencontre qu’une fois par an…

Solange Strimon

Commentaires  

#3 PELLIER Dominique 03-11-2016 08:12
Pour ceux qui sont chrétiens, n'est-il pas une consolation non négligeable que de se dire que le (ou la) défunt(e) est parti(e) rejoindre Dieu, place que nous devrions lui envier plutôt que de nous enrouler dans un chagrin, certes légitime, normal, mais une désespérance inutile ? Nos défunts ont une place de choix toutefois, dont ils ne peuvent partir, notre coeur. Sursum corda !!!!
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#2 Solange 02-11-2016 21:55
Bravo de vous poser des questions, car la Bible, et tout particulièremen t les paroles de Jésus sont faites pour cela : que nous nous posions des questions, et que cela nous permette de briser ces certitudes toutes faites qui deviennent comme des idoles pour nous. Or, il n’y a qu’une chose solide et vraie sur quoi nous reposer, c’est Dieu lui-même et son amour. Le reste est sans cesse à secouer avec des questions.

Et c’est vrai que là, Jésus y va fort dans la parole provocatrice pour nous aider à nous poser des questions.
Cela interroge notre rapport avec la mort, la nôtre, et celle des personnes que nous aimons, et notre relation avec les personnes que nous aimons et qui sont mortes.
Ce n’est pas rien. Et ce n’est pas inutile tellement nous sommes parfois tentés de nous désespérer face à la mort, ce qui nous conduit à mal placer notre vie présente. Ou au contraire nous sommes parfois tentés de tout miser sur l’au-delà et de ne pas vivre la vie présente…

Laisse les morts ensevelir leurs morts
(Matthieu 8:22)

Cette remarque de Jésus n’est pas à comprendre au sens matériel du terme, mais au sens spirituel.

Avec cette phrase choc, il nous dit : Toi, tu n’es pas mort, ne désespère donc pas et va, avec au moins une seule parole tournée vers la vie, comme Dieu appelle à la vie.

Avec cette phrase il nous dit que cette personne que nous aimons et dont le corps est mort n’est pas à compter comme morte pour autant. Ce n’est donc pas la personne que nous aimons que nous enterrons, c’est son corps. La preuve, cette personne, quand nous l’aimons encore et pensons à elle, peut encore nous aider à devenir meilleur. Au moins sa mémoire est encore vivante en nous, et tout ce qu’il y a de cette personne qui nous a influencé est encore vivant en nous. En Dieu peut-être aussi, je le pense, mais nous ne sommes pas Dieu pour savoir son mode d’existence qui est évidemment d’un autre ordre que le nôtre, et parler de mémoire pour Dieu est une image. Mais je pense que la vie continue autrement au delà de la survie du corps. Et que personne n’est abandonné par Dieu à la mort.

Bien souvent, j’entends dire d’une personne aux moment de l’ensevelisseme nt du corps d’une personne qu’ils aiment « il ou elle sera bien, là, car il y a un arbre et qu’il aimait les arbres, et qu’il est enterré avec ceux qu’il aime ». Quelle tristesse ! Si nous pensons vraiment que la personne est là, dans ce trou, alors oui, elle est morte pour nous et cela tue notre mémoire vive de cette personne. Peut-être peut-on alors dire que c’est une personne morte qui enterre là une personne morte. Mais ce n’est pas trop tard pour qu’une vraie relation ressuscite ! Alors ça pourrait être une personne vivante qui pense avec affection à une personne encore vivante pour elle. Et peut-être n’avoir pas tellement besoin de tombe pour le corps de ses proches disparus. Ou avoir des tombes mais comme on a une vieille photo qui nous aide à penser non pas à une personne morte, mais à cette personne bien vivante dans notre amour.
Avec mes amitiés
Et tous mes vœux de bénédiction pour vous et pour ceux qui vous sont chers

pasteur Gaspard de Coligny
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#1 PELLIER Dominique 02-11-2016 08:10
Toussaint et fête des morts se succèdent mais sont différentes l'une de l'autre. Toutefois, "laissons les morts enterrer leurs morts": Jésus Christ. Quelqu'un connaît-il ????
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