Entretien avec Dominique Moussours-Eyrolles, sacristain à l'église Saint-Martin-de-Pessac

La 6ème nuit des églises, organisée le 2 juillet dernier à travers toute la France, fut la première pour l'église Saint-Martin-de-Pessac en Gironde. Voyant l'extraordinaire travail réalisé par ce sacristain hors norme, j'ai voulu me pencher un peu plus sur sa vie au sein de l'Eglise. Que représente aux yeux des fidèles ou simples curieux, cette personne à la fois discrète et indispensable au bon fonctionnement de la vie d'une paroisse ?

Eric Muth.  Comment se retrouve-t-on un jour sacristain ? Existe-t-il une filière spéciale pour y accéder ?

Dominique Moussours-Eyrolles. En 2016, il est possible à toutes les personnes qui souhaitent servir leur paroisse de devenir sacristain (ou sacristine), en se mettant à la disposition de l'Eglise simplement, et en proposant aux prêtres qui célèbrent de remplir la mission de sacristain, dans le respect de l'organisation de l'Eglise ou de la paroisse. La décision revient au curé de la paroisse qui, après discussion avec les prêtres, accepte ou non, que la personne effectue les missions de sacristain. Il faut savoir que cette mission de service auprès des prêtres mais également auprès des laïcs qui composent le secteur pastoral, demande de la discrétion, de l'humilité, et de l'adaptation aux situations multiples que l'on peut rencontrer.

E.M. Que vous procure cet état d'esprit ?

D.M.E. La mission de sacristain m'apporte une proximité avec Dieu, car très souvent, on est seul dans la sacristie ou dans l'église, et il est possible de prier Dieu tout en accomplissant les tâches, ou bien, avant ou après les cérémonies, car, à la différence des tâches de la vie courante, celles de l'église permettent le silence et le recueillement. En fait, on se retrouve un peu dans la situation de la vie monastique, où les tâches sont accomplies tout en permettant une certaine méditation.

E.M. Qui a eu l'idée d'organiser cette première nuit des églises ?

D.M.E. L'idée ne vient pas de moi, mais du secteur art sacré de la conférence des évêques de France, qui a mis en place cette manifestation nationale depuis 6 ans.

E.M. Comment se construit une telle manifestation ?

D.M.E. Nous sommes aidés dans l'organisation par le site Narthex qui coordonne la manifestation, mais aussi par l'archevêché qui apporte son soutien par le prêt d'objets, par exemple les reliques de saint Martin présentées ici, ou des vêtements liturgiques, et par une communication aux médias.

E.M. Cette année la paroisse va fêter l'anniversaire de son Saint Patron ?

D.M.E.  Tout à fait, pour le 1700e anniversaire de la naissance de saint Martin, nous avons prévu deux manifestations : la nuit des églises et un concert pour la Saint-Martin le 11 novembre 2016. Nous avons donc réuni les différents éléments nécessaires pour marquer ces deux dates, la relique confiée par l'archevêché en faisait partie. Sur le plan recherches historiques, le fait est que cela demande pas mal de travail pour donner des éléments fiables sur la vie de saint Martin, et sur la relation entre les éléments visibles dans l'église, et l'histoire de ce saint.

E.M. Quelles sont vos réactions quant à cette première nuit des églises ?

D.M.E.  Pour cette journée, nous sommes très satisfaits de la réaction du public, qui s'est intéressé à cette manifestation. Néanmoins, nous sommes un peu déçu par le manque de fréquentation, mais il faut reconnaître que pour cette première édition nous n'avons pas suffisamment communiqué sur cet événement. Nous ferons mieux la prochaine fois. Nous pensons recommencer en 2017 avec une organisation différente, des animations nouvelles et des concerts uniquement en soirée.

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