Dimanche des Rameaux et ouverture de la Semaine Sainte

Le dimanche des Rameaux est le dernier dimanche avant Pâques et il ouvre donc la Semaine Sainte. Cette année il tombe le 20 mars, en même temps que le début du Printemps. Les rameaux, bénis ce jour-là, sont le signe de la victoire de la vie sur la mort et le péché. Depuis 1985, à l’initiative de Jean-Paul II, ce dimanche est aussi devenu la fête des jeunes dans chaque diocèse du monde. Hosanna au plus haut des cieux. La foule de Jérusalem est en joie et accueille Celui qu'elle reconnaît comme le Messie. Selon la prophétie de Zacharie, Jésus entre monté sur un petit âne. Compagnon de l'homme depuis les temps les plus anciens, l'âne a très tôt été utilisé comme symbole d’humilité et de patience.

Le Dimanche des Rameaux est idéalement le « porche d’entrée » sous lequel les chrétiens se préparent à entrer dans la semaine Sainte, et donc à se diriger vers Pâques. Aujourd’hui encore, comme au temps de Jésus, la bénédiction des Rameaux attire les foules. Chaque année, l’Évangile de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem donne tout son sens à la bénédiction des Rameaux. Nous revivons les moments où la foule accueille Jésus dans la cité de David, « ville symbole de l’humanité » (Jean Paul II), comme un roi, comme le Messie attendu depuis plusieurs siècles. Ils acclament Jésus aux accents de « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » et de « Hosanna » (de l’hébreu, cela signifie littéralement « Sauve donc ! »), et c’est devenu un cri de triomphe mais aussi de joie et de confiance).

Jésus est un Roi mais un Roi de paix, d’humilité et d’amour. Les gens étendent leurs manteaux sur son passage, le couvre de palmes comme le rapporte Matthieu dans son évangile: « Alors les gens, en très nombreuse foule, étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient le chemin » (Mt 21, 8). Symbole de vie et de résurrection, le rameau est pourtant bien plus qu’un porte-bonheur. Il est placé dans les maisons où il orne les crucifix. Jésus ressuscité entre dans nos maisons.

Ces rameaux que l’on prend dans ses mains pour acclamer la croix du Christ, sont parfois aussi posés sur les tombes et revêtent alors une signification funéraire. Ce n’est pas seulement pour honorer la mémoire d’un être proche, mais c’est aussi manifester son propre espoir de voir renouveler et fleurir sa foi en la résurrection de Jésus-Christ, et en celle de nos morts. Il semblerait que cette tradition se perde. À nous d’essayer de rattraper ce qui peut l’être. Vous avez certainement déjà agi comme moi : quand je me rends sur la tombe de mes chers parents, je mets un brin de rameau sur celle de leurs voisins, dont je sais qu’ils sont catholiques. Et quand je repasse un ou plusieurs mois plus tard, ils y sont toujours, preuve que les familiers n’y avaient pas pensé mais qu’ils apprécient leur présence. Peu de chose en vérité, mais ce sont ces petits riens qui donnent du sens à notre vie.

Dans les grandes villes, l’assemblée peut réunir jusqu’à plusieurs milliers de personnes, comme à Notre-Dame de Paris où le rituel de l’ouverture des portes de la cathédrale est toujours impressionnant. Les fidèles entrent ensuite dans l’église, derrière le prêtre, signifiant ainsi qu’ils accompagnent le Christ-Roi vers sa passion. Il n’en est pas de même dans toutes les villes, mais c’est aux chrétiens à se manifester, à défendre leur foi. Soyons lucides : si les églises sont désertées et les mosquées de plus en plus nombreuses, il ne faut s’en prendre qu’à nous et à nous seuls. Que dirons-nous à nos enfants quand il n’y aura plus d’églises mais des mosquées, dont le nombre ne cesse de grossir. Honte à nous qui laissons faire au nom de la démocratie !

Des témoignages révèlent que Jérusalem célébrait déjà l’entrée triomphale de Jésus dans la ville, au IVème siècle. Une pèlerine du nom d’Égérie, qui a parcouru la Terre Sainte en l’an 380, en témoigne dans un manuscrit retrouvé en 1884. De Jérusalem, la procession se répand dans le monde entier. Égérie, ou Éthérie, nous décrit la procession qui, du Mont des Oliviers au Saint-Sépulcre, célèbre l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem : « Quand approche la 11è heure (17h), on lit le passage de l’évangile où les enfants, avec des rameaux et des palmes, accourent au-devant du Seigneur en disant : "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur".

L'entrée dans Jérusalem est un épisode émouvant et paradoxal de la vie de Jésus : en effet, c'est un moment de triomphe mais qui se situe peu de temps avant sa mise à mort. Le Seigneur le sait et sans doute goûte-il avec une émotion particulière cette entrée triomphante sachant qu’elle en sera l’issue. Selon les régions, les branchages utilisés peuvent varier : le buis est souvent utilisé en France, mais dans le sud on emploie également le laurier et l'olivier ainsi que le palmier. Les branches utilisées à l'origine à Jérusalem étant des branches de palmier, c'est tout naturellement vers le palmier que va la préférence des habitants de régions chaudes. Si le buis est beaucoup utilisé en France, c'est aussi en raison de ce qu'il représente : le buis est un persistant toujours vert et il est donc symbole d'immortalité, d'éternité. Durant la messe du Dimanche des Rameaux, le buis est béni par le prêtre qui le distribue aux fidèles. Ceux-ci l'emportent ensuite pour le déposer sur le crucifix qu'ils possèdent à leur domicile. Le buis béni de l'année est gardé précieusement, jusqu'au mercredi des cendres où il est rapporté à l'église pour y être brûlé et pour être utilisé l’année suivante pour le mercredi des cendres. C’est une tradition que l’on retrouve encore au foyer de nombreux foyers catholiques. Et il serait intéressant d’en offrir à des personnes qui ne connaissent pas cette belle tradition après leur avoir expliqué de quoi il s’agissait.

C’est un bonheur que de rappeler une partie d’un des discours de Benoît XVI sur les Rameaux : « deux sentiments doivent nous habiter particulièrement en ces jours : la louange, comme l’ont fait ceux qui ont accueilli Jésus à Jérusalem par leur « hosanna » ; et l’action de grâce car, dans cette Semaine Sainte, le Seigneur Jésus renouvellera le plus grand don que l’on puisse imaginer : il nous donnera sa vie, son corps et son sang, son amour. Toutefois, à un si grand don, nous devons répondre d’une manière adéquate, c’est-à-dire par le don de nous-mêmes, de notre temps, de notre prière, de notre vie en profonde communion d’amour avec le Christ qui souffre, meurt et ressuscite pour moi. Les anciens Pères de l’Église ont vu un symbole de tout cela dans le geste des gens qui suivaient Jésus entrant à Jérusalem, le geste d’étendre les manteaux devant le Seigneur. Devant le Christ – disaient les Pères – nous devons étendre notre vie et nos personnes, dans une attitude de gratitude et d’adoration. En conclusion, écoutons encore la voix d’un de ces anciens Pères, celle de saint André, Évêque de Crête : « Étendons-nous humblement donc devant le Christ, nous-mêmes plutôt que les tuniques ou les rameaux inanimés et les branches vertes qui réjouissent le regard seulement pour un instant et sont destinés à perdre, avec la sève, leur verdure. Étendons-nous nous-mêmes revêtus de sa grâce, ou mieux, de lui-même tout entier… et prosternons-nous à ses pieds comme des tuniques étendues… pour pouvoir offrir au vainqueur de la mort non plus de simples rameaux de palmes, mais des trophées de victoire. Agitant les rameaux spirituels de l’âme, nous aussi, avec les enfants, acclamons saintement chaque jour : "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël" » (PG 97, 994).

Le Seigneur est là, visible dans l’invisible. Le calendrier chrétien est ponctué de célébrations religieuses et festives qui nous permettent non seulement de vivre le temps dans la joie et l’espérance, mais d’amasser dans notre cœur toutes les richesses spirituelles dont nous aurons peut-être besoin un jour pour nous consoler des mesquineries et petitesses de cette société. Pour l’heure, réjouissons-nous et acclamons ce Seigneur qui vient nous redonner la preuve de son amour indéfectible pour nous. Dieu soit avec vous et comble tous vos désirs.

Solange Strimon

Commentaires  

#1 ARMENANTE 20-03-2016 10:01
Un rappel =Tu ne sais jamais à quel point tu es fort , jusqu’au jour ou être fort reste la seule option . Un témoignage en toute modestie d’un exemple de combat de M. Nelson MANDELA « MADIBA », Il te change ta vie . J’ai rencontré cet homme exceptionnel , en 1992 .Il était l’art de servir et de rassembler les citoyens , il n’a jamais eu l’impression d’être trop petit pour pouvoir changer les choses . Sa vie a été faite de courage , il fait partie des rares citoyens qui méritent cet hommage. Avec Nelson MANDELA le verbe résister se conjugue au présent = https://www.facebook.com/photo.php?fbid=3558770364345&set=a.1085369410867.2013544.1125356334&type=3&theater . Le Monde.fr m’a contacter au sujet de M. MANDELA et m”a remercié encore du temps que je lui ai consacré ainsi que l’autorisation de reproduire la photographie. L’article sur mon témoignage ici=
http://rezonances.blog.lemonde.fr/2013/12/06/mort-de-mandela-en-1992-jai-rencontre-cet-homme-exceptionnel/
Donc si vous avez l’impression d’être trop petit pour pouvoir changer les choses , essayez donc de dormir avec un moustique et vous verrez lequel des deux empêche l’autre de dormir. La défaite est faite pour les citoyens courageux . Eux seuls peuvent avoir l’honneur de perdre et la joie de gagner.

Errare humanum est ; Perseverare diabolicum est ! Veritas Thesaurus est ! Ad astra per aspera …Vulnerant Omnes , Ultima necat ! Res Gestae . » =»L’erreur est humaine , persévérer est diabolique, la vérité est un trésor , Jusqu’aux étoiles par des sentiers ardus …… Toutes les vérités nous blessent, la dernière nous tue., choses faites . «
O EPIMENON NIKA = CELUI QUI PERSISTE VAINCRA !
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