« Le Jubilé de la miséricorde sera l’année du pardon »

C’est ce qu’a affirmé récemment le pape François  dans un entretien publié à l’approche du Jubilé de la miséricorde. Le pape François insiste sur l’importance du pardon et de la confession dans la vie de tout pécheur, y compris lui. Quelles fautes peut connaître ce pape qui permet à l’église de retrouver un souffle nouveau, ce pape qui sert d’exemple par son humilité, sa sagesse, son pouvoir de persuasion, son intelligence et son savoir si immenses ? Plus que sensibilisés par la campagne du pape sur le respect de l’environnement dans tous ses aspects, nous avons appris à ne plus gaspiller de nourriture, à ne pas acheter plus qu’il n’en faut et à distribuer quand nous le pouvons. L’influence de ce pape si médiatique, si charismatique, si exemplaire, nous permet de nous acheminer vers d’autres chemins que ceux que nous empruntions avant son entrée dans notre société. Souvenez-vous, quand il a été élu, il est arrivé sur le balcon et il a fait ce qu’aucun pape n’avait fait avant lui. Il s’est agenouillé et a demandé aux milliers de personnes réunies sur la place Saint-Pierre de prier pour lui. Nous étions devant la télévision pour suivre l’événement et nous nous sommes tout naturellement agenouillés pour prier avec lui, les larmes aux yeux, comprenant que ce pape serait différent des autres. Jamais encore il ne nous a déçus et nous le soutenons de tout notre cœur, priant pour que Dieu le maintienne aussi longtemps que possible sur terre en bonne santé.

Mais revenons à l’actualité du jour : « Ce jubilé sera une année du pardon, de la réconciliation », affirma ce pape à la revue italienne Credere. « Je suis pécheur, je me sens pécheur, je suis sûr de l’être. Je suis un homme pardonné, Dieu m’a regardé avec miséricorde et m’a pardonné. Aujourd’hui encore, je commets des erreurs et des péchés et je me confesse toutes les deux ou trois semaines. La revue officielle du Jubilé de la Miséricorde, en vente en kiosque depuis le 3 décembre, est aussi disponible sur le site Internet de l’hebdomadaire catholique Famiglia Cristiana. 

Le pape explique aussi pourquoi il a décidé de convoquer une Année sainte spécialement consacrée à la Miséricorde, suivant une « tradition relativement récente » initiée par ses prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II. « Dans cette lignée, j’ai senti qu’il y avait comme un désir de la part du Seigneur de montrer sa miséricorde aux hommes », confie-t-il, assurant que cette décision ne répondait pas à une stratégie. Selon le pape,  deux épisodes du début de son pontificat pouvaient laisser à penser qu’il prendrait une initiative autour de la miséricorde : quand il a cité le livre du cardinal Walter Kasper sur ce thème lors de son premier Angélus, et dans sa première homélie prononcée en tant que pape, à Sant’Anna, la paroisse du Vatican.

Il est certainement intéressant de rappeler ce qu’est une année sainte. Une Année Sainte ou jubilé est une occasion pour les chrétiens d’approfondir leur foi et de témoigner de l’amour de Dieu pour tous les hommes. Le sens spirituel de l’Année sainte s’enracine dans le jubilé juif qui permettait à chacun de regagner sa famille, de rentrer en possession de ses terres et aux esclaves de retrouver la liberté. En 2015, l’Année sainte consiste dans un pardon généralisé, une indulgence ouverte à tous et dans la possibilité de renouer le lien avec Dieu et le prochain à condition de respecter les modalités stipulées dans la bulle d’indiction du pape. Avec le Jubilé de la Miséricorde, le Pape François met en lumière le Dieu miséricordieux qui invite tous à revenir chez Lui.

Une année sainte se caractérise par trois grands événements : l’ouverture de la Porte Sainte, une des portes de la basilique Saint-Pierre de Rome. Cette porte est ouverte à cette seule occasion, elle est murée les autres années. Quatre basiliques romaines ont une Porte Sainte : Saint-Pierre, Saint-Jean de Latran, Saint-Paul hors les murs et Sainte-Marie Majeure. Les portes saintes de ces trois dernières basiliques sont ouvertes après l’ouverture de celle de la basilique Saint-Pierre. Le rite d’ouverture de la Porte Sainte est le symbole du parcours vers le salut offert aux fidèles : franchir la porte sainte fait réfléchir au passage du péché à la grâce. Hélas, nous n’avons pu assister à cette ouverture qui a eu lieu le 8 décembre lors d’une célébration Place Saint-Pierre à 9h30 ; le pèlerinage évoque le cheminement du chrétien, avec le soutien de la grâce de Dieu, sur la voie qui le conduit au salut ; l'indulgence, qui implique une vraie conversion, est le signe du don total de la miséricorde et de l'amour de Dieu qui sont répandus dans le monde par le ministère de l'Église.

La tradition des Années Saintes a débuté en 1300 avec le Pape Boniface VIII qui avait prévu de fêter un jubilé chaque siècle. A partir de 1475, afin que chaque génération puisse vivre au moins une Année Sainte, le rythme est passé à 25 ans. Un jubilé extraordinaire, en revanche, est convoqué à l’occasion d’un événement remarquable. Les Années Saintes ordinaires célébrées jusqu’à aujourd’hui, sont au nombre de 26. La dernière Année Sainte remonte au Jubilé de l’année 2000. La tradition de convoquer des jubilés extraordinaires remonte au XVIe siècle. Les dernières Années Saintes extraordinaires ont été celles de 1933, convoquées par Pie XI pour commémorer le 19e centenaire de la mort du Christ (Jubilé de la Rédemption) ainsi que celle de 1983, convoquée par Jean-Paul II pour les 1950 ans de la Rédemption du Christ.

Le pape aime aussi rappeler comment sa vocation de prêtre était née dans un confessionnal. « La révolution de la tendresse est ce que nous devons cultiver aujourd’hui comme fruit de cette Année de la miséricorde ». Il rappelle son attachement à cette expression qu’il avait déjà utilisée lors du Synode des évêques sur la vie consacrée de 1994.

Comment va se dérouler le Jubilé de la miséricorde ? Mgr Rino Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la Nouvelle évangélisation, chargé de l’organisation du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, a détaillé dernièrement les nombreuses initiatives mises en place et donné des informations très concrètes concernant notamment l’accueil des pèlerins.

Ce qui nous émeut le plus : ce dimanche 13 décembre, pour la première fois dans l'histoire des Jubilés, les Portes Saintes seront ouvertes dans toutes les cathédrales du monde, signe visible de la communion de toute l’Église, et le vendredi 18, le Saint-Père ouvrira une porte de la Miséricorde au centre d'accueil Don Luigi Di Liegro de la Caritas de Rome.

Un geste symbolique en faveur d’une œuvre de miséricorde que le Pape accomplira, de façon privée, un vendredi par mois durant toute la durée du Jubilé, une façon souligne Mgr Fisichella de donner l’exemple : «nous espérons que l'exemple du Saint-Père va devenir une possibilité pour les prêtres, les évêques, et pour tous les croyants, de redécouvrir cette œuvre, c'est-à-dire la vie quotidienne, et un style de vie chrétien, que plusieurs fois nous avons oublié, parce que cela est l'essence de notre vie chrétienne : c'est notre style de vie qui devient un témoignage.»

Le président du Conseil pontifical pour la Nouvelle évangélisation a également mis en avant l'initiative des "Missionnaires de la Miséricorde" : 800 prêtres au total, des différentes parties du monde qui, à partir du Mercredi des Cendres, recevront mandat du Saint-Père pour être prédicateurs et confesseurs de la miséricorde. Chacun est invité à appréhender cette année avec un esprit de conversion, pour devenir instrument de la miséricorde.

N’oublions pas que dans les paraboles de la miséricorde, Jésus révèle la nature de Dieu comme celle d’un Père qui ne s’avoue jamais vaincu jusqu’à ce qu’il ait absous le péché et vaincu le refus, par la compassion et la miséricorde. Nous connaissons ces paraboles, trois en particulier : celle de la brebis égarée, celle de la pièce de monnaie perdue, et celle du père et des deux fils (cf. Lc 15, 1-32). Dans ces paraboles, Dieu est toujours présenté comme rempli de joie, surtout quand il pardonne. Nous y trouvons le noyau de l’Évangile et de notre foi, car la miséricorde y est présentée comme la force victorieuse de tout, qui remplit le cœur d’amour, et qui console en pardonnant.

Heureux qui pourra se rendre à Rome au cours de cette année et en recueillir tous les fruits. Heureux qui prendra le temps de rester informé sur les événements. Heureux enfin qui sentira que son cœur s’ouvre à la miséricorde et au pardon. Que cette semaine vous soit agréable et que vous appréciiez combien nous sommes heureux de vivre en tant que chrétiens et de préparer Noel dans l’espérance d’un renouveau des esprits…

Solange Strimon

Commentaires  

#3 Benoît Legendre 14-12-2015 23:50
Dieu nous donne son Pardon, tout son Amour, oui ! Mais ne demande t-il pas d'abord de s'amender ? De reconnaître notre péché, et s'engager à ne plus le commettre ? Jésus n'a t-il pas dit à la femme adultère :"Va, et ne pèche plus ?" Ce message s'adresse à chacun d'entre nous...

Celui qui a péché, qui a commis la faute doit reconnaître sincèrement dans son cœur celle-ci ; alors l'offensé doit accorder son pardon, comme le Christ nous le demande.
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#2 PELLIER Dominique 14-12-2015 08:20
Le pardon est important car il est bien écrit, dans le "Notre Père" : "PARDONNE-NOUS nos offenses comme NOUS PARDONNONS à ceux qui nous ont offensés". Nous devons en somme, montrer l'exemple du pardon à Dieu en pardonnant à ceux qui nous ont offensés. Ou bien, Dieu NE nous pardonnera QUE SI nous pardonnons autour de nous.
Et puis, contrairement à ceux qui pensent le contraire, il est plus noble de reconnaître ses fautes, d'en demander pardon, plutôt que de n'en rien dire. Cette mentalité actuelle est totalement stupide et faussement honorable. L'heure n'est plus aux brutes épaisses et le vrai héros est celui qui se rend compte de ses manques: souvenons-nous du centurion et de la Cananéenne !!!!!
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#1 ARMENANTE 13-12-2015 16:08
A méditer = Deux Très grands journalistes =
-« Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie » Albert Londres
-« Il n’est pas un crime, pas un truc, pas un sale coup, pas une escroquerie, pas un vice qui ne perdure sans le secret qui l’entoure. Exposez ces faits au grand jour, décrivez-les, attaquez-les, ridiculisez-les dans la presse et, tôt ou tard, l’opinion publique les chassera. Informer n’est peut-être pas la seule chose nécessaire mais c’est une chose sans laquelle toutes les autres démarches resteront vaines » Joseph Pulitzer
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