Vivons dans la joie solennelle des saints et de nos chers défunts

Bien sûr qu’aujourd’hui, plus personne ne confond le 1er novembre, fête de tous les saints et le 2 novembre, fête de nos chers, très chers défunts, qui veillent toujours sur nous, si nous les avons gardés dans notre cœur et dans notre mémoire avec leurs meilleurs souvenirs et si nous continuons de prier pour eux. Nous profitons du dimanche pour aller nous recueillir sur leurs tombes, les fleurir et au moins une fois par an, reprendre avec eux les confidences faites l’an passé. Quoi de plus réconfortant que de savoir qu’ils sont là et qu’ils peuvent nous entendre et qui sait nous conseiller quand viennent la nuit, le sommeil, et que nous leur avons confié nos soucis, nos peines, nos interrogations en espérant recevoir une réponse. Ils savent ce qu’il faut faire, eux qui du haut du ciel, voient tout et peuvent même anticiper notre avenir, avenir qui nous paraît si triste et si morose quand nous voyons ce qui se passe autour de nous et dont l’aspect dramatique ne peut que s’amplifier, compte tenu de la nullité écrasante de nos dirigeants, qui n’ont rien vu venir et font comme si rien ne changeait, des paroles, des promesses, et le vide, toujours l’absence d’espérance. Ces « malheureux » politiques, qui se croient riches, ne prennent pas les transports en commun, ne marchent pas sur les trottoirs, autres que ceux de leur environnement doré, ne paient pas de factures, vivent sur notre dos et n’imaginent pas un seul instant qu’une grande majorité de Français calculent déjà le 20 de chaque mois comment le finir, sans engraisser les banques avec des agios si lourds, si injustes. Et comme une grande majorité de nos politiques (si ce n’est tous !) ne fréquentent pas l’église et ne prient pas, on peut se poser la question de savoir s’ils rendent hommage à leurs morts personnels, en dehors des cérémonies officielles où ils paraissent, par obligation.

Pauvre France, réjouis-toi de disposer encore de ces lieux de souvenirs pour reprendre ton souffle et t’obliger à espérer. Tout le monde n’a pas la chance de pouvoir rendre visite à ses chers disparus. Je pense en particulier aux pieds-noirs, aux harkis, et à tant d’autres qui sont privés de cette consolation. Tant d’injustice sur cette terre, qui n’est pas le fait de Dieu, mais toujours celui des hommes. Dieu a donné le libre arbitre et celui-ci n’est pas toujours utilisé à bon escient.

Pour Mgr Le Gall : « la Solennité de tous les saints semble liée, historiquement, à la dédicace de l’ancien temple romain du Panthéon par le pape Boniface IV au début du VIIe siècle. Originellement dédié à tous les dieux — c’est le sens du nom en grec — le Panthéon fut consacré à Marie et à tous les martyrs, auxquels on ajouta plus tard les confesseurs ». L’anniversaire de la dédicace du Panthéon, et donc la fête de tous les saints, fut fixée d’abord au 13 mai, puis, en 835, au 1er novembre.

Le 1er novembre, la  fête de la Toussaint unit l’Église de la terre à l’Église du ciel qui partage la Sainteté de Dieu. Cette célébration nous relie non seulement à tous les saints canonisés, c’est-à-dire ceux dont l’Église assure, en engageant son autorité, qu’ils sont dans la Gloire de Dieu, mais aussi à ceux qui sont dans la béatitude divine. La Toussaint donne ainsi un avant-goût de la liturgie éternelle que la liturgie de la terre anticipe.

Le lendemain de la Toussaint, 2 novembre, l’Église catholique met tous les défunts au cœur de sa prière liturgique. Vers l’an 1000, pour que la Toussaint garde précisément son caractère propre et qu’elle ne soit pas une journée des morts, Odilon, abbé de Cluny, impose à tous ses monastères la commémoration des défunts par une messe solennelle le 2 novembre. Cette fête liturgique est à la fois une journée de commémoration et une journée d’intercession ; on fait mémoire des défunts et on prie pour eux. On prie pour les défunts car ils ont besoin d’une purification pour être pleinement avec Dieu. Notre prière peut les aider dans leur épreuve de purification, en vertu de ce qu’on appelle "la communion des saints". La communion des saints, c’est la communion de vie qui existe entre nous et ceux qui nous ont précédés. Il y a, dans le Christ, mort et ressuscité, un lien mutuel et une solidarité entre les vivants et les morts.

Pour le père Henry Vargas Holguin : « Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification, soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du ciel, soit pour se damner immédiatement pour toujours » (CEC, 1022).

Au cours de ce week-end particulier, on peut se poser la question de savoir qui est en en enfer, au ciel ou au purgatoire. L’enfer existe, c’est un dogme de foi, et il ne nous appartient pas de juger. Sans doute peut-on espérer ou imaginer que les grands dictateurs y sont. Faut-il alors prier pour eux, qui ont commis tant d’atrocités ? Facile à dire, plus difficile à mettre en pratique. Sainte Thérèse d’Avila aurait dit : « J’ai vu des âmes qui tombaient en enfer comme les feuilles à l’automne ».

Le purgatoire est dogme de foi. « Nous définissons en vertu de l’autorité apostolique que, selon la disposition générale de Dieu, les âmes de tous les saints […] et de tous les autres fidèles morts après avoir reçu le saint baptême du Christ, et en qui il n’y aura rien à purifier lorsqu’ils mourront […]; ou s’il y a eu ou s’il y aura quelque chose à purifier, lorsque, après leur mort, elles auront été purifiées […] avant même de reprendre leurs corps et avant même le jugement et cela depuis l’Ascension de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ au ciel, ont été, sont et seront au ciel, au Royaume des cieux et au paradis céleste avec le Christ, réunis dans la compagnie des saints anges. Et que depuis la Passion et la mort du Seigneur Jésus-Christ, elles ont vu et voient l’essence divine d’une vision intuitive et même face à face sans la médiation d’aucune créature » (Benoît XII : Const. Benedictus Deus: DS 1000; cf. LG 49).

Ce qui n’est pas purifié aujourd’hui de façon consciente et active, se purifiera au purgatoire. Il reste à évoquer le ciel : traditionnellement, l’Église a affirmé qui est au Ciel (la Vierge Marie, saint Joseph, saint Paul, etc.) ; les personnes qui ont été canonisées ; les enfants morts après le baptême, même sans l’usage de la raison, ainsi que les enfants morts avant ou après la naissance et sans le baptême traditionnel. Nous n’irons pas tous au paradis directement, mais nous pouvons nous y préparer par une belle vie au service de Dieu et des autres et puis ne jamais oublier que l’on est mortel, seulement mortel, et quand sonne l’heure, où que l’on soit (je pense à ces 43 personnes de Puisseguin partis en excursion, qui sont allés directement rendre des comptes au Seigneur avec qui ils ne savaient pas qu’ils avaient rendez-vous, mais Lui les attendait). Vivons chaque jour comme si c’était le dernier, avec joie et humilité, et n’oublions jamais de rendre hommage à tous les saints, connus ou inconnus, et à tous nos défunts. Que jamais leurs tombes ne soient oubliées et apprenons à nos enfants à respecter ces deux jours dans le souvenir des saints et de leurs aïeux.

Ayons pour nos défunts ces quelques mots d’espérance de Saint-Augustin :« Tu me reverras donc, transfiguré par l'extase et le bonheur, non plus en attendant la mort, mais en avançant d'instant en instant, avec toi qui me tiendras par la main, dans les sentiers nouveaux de la lumière et de la vie, buvant avec ivresse, auprès de Dieu, un breuvage dont on ne se lasse jamais et que tu boiras avec moi. Essuie tes larmes et ne pleure plus si tu m'aimes. » Puissiez-vous avoir le bonheur de vous rendre sur les tombes de vos défunts et de les fleurir. Si ce n’est pas possible, vous pouvez peut-être aller dans n’importe quel cimetière, et sur une tombe oubliée, mettre votre bouquet en demandant qu’il parvienne à la personne qui y repose et que cette offrande soit agréable à qui ne peut recevoir votre visite en raison de la distance et d’autres problèmes (suggestion très personnelle). Il reste aussi une solution : faire dire une messe pour vos chers disparus. Excellent dimanche et belle semaine automnale, sans oublier que nous sommes toujours sous la protection de Dieu. Qu’Il nous aide à progresser sur notre route et à ne jamais nous faire oublier l’essentiel.                       

Solange Strimon

Commentaires  

#3 Saint-Michel 02-11-2015 12:27
Merci pour ce bel article.
Soyez bénis chers amis !
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#2 PELLIER Dominique 02-11-2015 07:59
Il est plus rassurant de savoir nos défunts tout près de Dieu, enfin, jouissant des béatitudes du ciel par rapport à nous qui sommes encore sur terre.
Ce serait nier notre foi si nous niions notre sainteté grâce au Sacrifice de la Croix et de la Résurrection de Christ. Dieu nous a, de toute façon, créés saintes et saints.
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#1 Chantal de Thoury 01-11-2015 19:42
Petit rappel à beaucoup d'entre nous.
Nous avons tous dans nos familles des petits enfants qui sont morts en très bas age, pour ceux qui tiennent un arbre généalogique on en retrouve à chaque génération .
Ces petits enfant qui sont morts dans les premiers mois de leurs vie jusqu'à 3 ans, sont tout purs innocents et leurs premières fautes ont certainement bénéficié de la plus grande indulgence de Dieu qui pour les plus âgés ne leur vaut qu'un temps de purgatoire milice.
Ces petits enfançons de nos familles sont donc des saints au Ciel et il est curieux que nous ne pensions jamais à les prier.
Pour ma part il y a déjà un bon nombre d'années que j'ai pris l'habitude de prier mon saint petit oncle Paul frère de ma maman mort à l'âge de 2 ans. Je lui confie ses petits neveux particulièremen t ceux issus de ma propre descendance et pour ma part lui demande de m'aider à avoir un coeur de petit enfant devant Notre Père qui est aux Cieux.
Faites en tous autant car nos tous petits saints oncles et tantes nous aident vraiment, particulièremen t à faire totalement Confiance à Dieu.
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