Asia Bibi victime d'une population haineuse et fanatisée

Que pouvons-nous attendre du sort de la malheureuse Asia Bibi dont les jours sont désormais comptés, les heures même, peut-être, tant la tension est vive ? On ne peux prévoir en effet cette folie meurtrière mise à exécution.

De nombreuses mobilisations ont lieu en France et à l'étranger, messes, rosaires, déclarations de presse, mais pour l'instant rien n'y fait. A croire que la Présidence de la République est aux abonnés absents. Alors le Sénateur de Paris Pierre Charon monte au créneau et interpelle Laurent Fabius, ministre des Affaires Etrangères : "que faites-vous pour sauver Asia Bibi ?"

Et la réponse est évidente : "la France renouvelle sa profonde préoccupation quant au sort de Mme Asia Bibi, pakistanaise condamnée à mort dans son pays, pour délit de blasphème, le 8 novembre 2010, et dont la peine a été confirmée en appel". 

Comment la France, patrie des droits de l'homme, et de surcroît dans un pays socialiste, peut-elle seulement restée "préoccupée" par cette abomination islamique ?

Comment le président Hollande peut-il en rester là ? Si Laurent Fabius échoue, "c'est la diplomatie française qui meurt avec Asia Bibi". 

Cette jeune mère innocente peut être pendue d'un jour à l'autre pour sa foi chrétienne, alors que des millions de voix se sont élevées dans le monde en sa faveur. 

Alors que faites-vous M. le Président ? Faut-il le rappeler, cette mère de quatre enfants, un fils et trois filles, dont une handicapée mentale, est devenue le symbole des victimes de l'application de la charia, loi islamique. Son appel a été rejeté le 16 octobre dernier par la Cour suprême pakistanaise sous la pression des islamistes.

Que fait la France quand elle souligne que le "délit de blasphème" porte atteinte à la liberté de religion ou de conviction, ainsi qu'à la liberté d'opinion et d'expression ? La France appelle le Pakistan à respecter ses engagements internationaux, notamment le pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantissent les libertés fondamentales. Ceci date du 17 octobre 2014, et arrive un peu tard.

Et que fait Martine Dorance, ambassadrice de France à Islamabad ? A quoi sert une ambassade de France au Pakistan si on se sent incapable de sauver Asia Bibi et sa famille ?

Mais le soutien des Droits de l'Homme a ses limites au Pakistan, car, selon le premier ministre Najîb Razak, ces droits doivent rester "dans le cadre instauré par l'islam". Si de nouveaux chrétiens sont découverts, ils sont envoyés et détenus en centre de rééducation jusqu'à ce qu'ils acceptent de se reconvertir. Aux yeux du premier ministre l'islam "supplantera" toujours la politique. Il a même appelé le peuple à "protéger l'islam, la foi de ses fidèles, ses enseignements, sa loi et l'infrastructure islamique". 

Il a osé dire qu'un trop grand libéralisme présenterait un danger pour le pays. "Pluralisme, libéralisme ?" Tous ces mots en ' isme ' sont contre l'islam, et nous devons les combattre" a-t-il déclaré devant 10.000 chefs islamistes.

Alors que faire ? Certes, la Constitution prévoit la liberté de religion. Cependant ces dernières années, les juges du pays ont apporté leur interprétation personnelle à certaines parties de la Constitution. Ainsi l'extrémisme islamique représente la principale source de persécution dans le pays.

Et c'est la première fois qu'une femme chrétienne est condamnée à mort pour blasphème au Pakistan. Des témoins affirment que l'accusation de "blasphème" est parfois utilisée pour régler une querelle personnelle parfois utile.

"Je remercie toutes les personnes qui font tout pour m'aider" déclare Asia Bibi. Que fait la France ?

Eric Muth

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Caricature du 4 novembre 2017
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